13.12.2006
Amour, Absinthe, Révolution !
Dans les années 1990, le Paris musical de droite vibrait au son du Rock identitaire français, le RIF. Depuis, le soufflet était retombé. Un renouvellement s’imposait. Il semble poindre avec Hotêl Stella, un groupe de punk-rock hussard, qui a emprunté son nom à la “pension-restaurant-garage”, cadre principal du roman “Un singe en hiver” d’Antoine Blondin. Il a déjà plusieurs concerts à son actif et enregistrera prochainement son premier album, pour lequel il a signé avec le label Alternative-s. Son chanteur, Gaétan, Breton monté à la capitale après avoir joué de la bombarde dans un bagad, roule en vespa et maîtrise parfaitement les lois de la métapolitique: “Pour créer Hôtel Stella, nous sommes partis d’un constat simple: la pratique du chant populaire français a quasiment disparu. A part les scouts, les militaires et les corpos d’étudiants, chacun dans son registre, on ne chante quasiment plus en groupe. Nous voulions donc à l’origine illustrer la permanence d’un chant populaire et à boire. Avoir choisi de le faire via un groupe de rock fait de nous des prestataires plus que des acteurs spontanés, mais l’objectif demeure le même puisque l’imaginaire est semblable. Un certain nombre de patrons de bars parisiens nous ont immédiatement soutenus.”
S’ils reprennent, assaisonnés à leur sauce, des chants traditionnels comme la Blanche Hermine ou La Ligue noire (”Quand on meurt pour sa patrie, n’a-t-on pas assez vécu ?”, “Celui qui tremble à la guerre, est un Jean-foutre en amour”), les musiciens d’Hôtel Stella jouent également des compositions originales qui parlent de Paris (”Paris un peuple une histoire, Paris sera toujours loin de Paris-Plage, Paris des faubourgs ses remparts, Paris dépassera les paillettes-mirages”, dit un de leurs refrains.), d’absinthe (”En Aston-Martin nous mourrons, Amour, Absinthe, Révolution !”) et de révolution conservatrice: “Les paroles de nos chansons s’intègrent dans une certaine tradition. Nous ne sommes pas une génération spontanée. Nous sommes de la lignée de la vie et de la nuit, appréciant particulièrement Blondin, Nimier et leurs compagnons”. On l’avait effectivement compris.
Composée de noctambules ayant assimilé la pratique de la “dérive” situationiste chère à Guy Debord, la petite bande d’Hôtel Stella arpente la capitale avec une “morale de mousquetaires”: “Nos quartiers de prédilections sont ceux qui ont une histoire, une âme et des horaires d’ouvertures tardifs: l’ouest parisien, la place de Clichy et bien entendu Saint-Germain-des-Prés.” Gaétant, tout engagé qu’il soit par ailleurs, distingue politique et musique: “Notre logique n’est pas essentiellement politique, c’est avant tout le défense d’une certaine culture parisienne.” (…)
Le Choc du Mois Numéro 6 - Novembre 2006
21:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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